L’Hôtel de Goulaines

 
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Programme d’origine : hôtel particulier
Adresse : 14 rue du Château, Nantes
Propriétaire : Particuliers en copropriété
Occupant actuel : propriétaires et locataires
Situation : Secteur Sauvegardé
Protection particulière : Inscription à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques des façades sur cour, des deux cages d’escalier, porche d’entrée avec son portail du XVIIe siècle ainsi que deux pièces voûtées au rez-de-chaussée du corps arrière, par arrêté du 3 mai 1991. Immeuble protégé au titre du P.S.M.V
 
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Cet hôtel particulier, édifié durant la seconde moitié du XVIIe siècle a eu comme premier propriétaire connu Paul Hus, travaillant dans l’administration du Duché de Bretagne. L’édifice s’est successivement appelé Hôtel de Villeneuve, d’Harrouys et de Goulaines, nom des propriétaires ultérieurs. Menant de l’Hôtel de Ville au château des Ducs de Bretagne, la rue du Château est, comme celle de Briord, un axe privilégié de construction d’hôtels particuliers.

L’hôtel de Goulaines se compose d’un logis principal sur rue avec avant-corps central et de pavillons d’ailes qui se développent sur une cour intérieure et abritent latéralement deux beaux escaliers rampe sur rampe voûtés. La cour possédait un puits et constituaient l’accès aux dépendances (écuries, remises à voitures). Cet hôtel particulier est l’un des plus grands, complets et conservés de Nantes, malgré l’état actuel de la cour intérieure et de la façade Est.

Au cours du XVIIIe siècle, sa façade ainsi que l’ensemble des appartements subissent de nombreuses transformations : les baies sont agrandies (modification des croisées et pose de ferronneries nouvelles à la place des allèges supprimées), des consoles et des coursives sont installées sur cour, et les appartements sont modifiés (ceux du corps principal conservent les parquets de Versailles, les cheminées de marbre et les lambris). Plus récemment, au XXe siècle, il semble y avoir eu de nouvelles divisions d’appartements (28 propriétaires, commerces inclus, en 2008).

Dans les années 1980, l’hôtel présentait un état sanitaire particulièrement préoccupant par le fait de restaurations malencontreuses et, plus simplement, par défaut d’entretien (en particulier des zingueries), le parement et les enduits étaient profondément altérés.

Un premier diagnostic, comprenant un relevé complet, a été réalisé par Jean-Pierre Leconte, architecte du patrimoine, accompagné d’une étude documentaire et historique approfondie menée par la D.R.A.C Pays de Loire, qui a conduit à l’inscription de l’édifice sur l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1991. Mais les dégradations sont restées en l’état jusqu’en 2000, où un arrêté de mise en péril dût être pris pour engager des travaux de consolidation d’urgence sur les façades Nord-Est. En 2002, Philippe Perron, architecte du patrimoine, est missionné pour la restauration des façades et l’effacement total des réseaux.

Ce chantier représentera un travail considérable consistant en la restructuration complète des réseaux (anticipant les travaux futurs) et un travail de ravalement de la façade Ouest et son retour vers le Nord incluant la tourelle sur cour (jusque 80 % des pierres de taille remplacées). Malheureusement, les tranches prévisionnelles concernant l’ensemble des façades sur cour n’ont pas été engagées. Et aujourd’hui, les façades sur cour (dégradation des parements, réseaux apparents) mais aussi sur la rue du Château présentent un état toujours préoccupant. L’évolution des dégradations de ce prestigieux hôtel particulier appelle l’attention sur la nécessité d’engager au plus vite la poursuite des travaux.

Texte : Patrick Leray, mai 2011 – Photos : François Dantart & Margaux Gandillon, juin 2011

Source : Restauration urbaine à Nantes, fiche le temps d’un chantier, 14 rue du Château, Nantes Renaissance.

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