La grue de 5-13 tonnes des Anciens Chantiers Dubigeon

 
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Programme d’origine : Anciens Chantiers Dubigeon
Adresse : Boulevard de Chantenay
Propriétaire : Mairie de Nantes
Occupant Actuel : Privé
Situation : Zone UA – Périmètre des abords d’un MH (Manoir de la Hautière – Église Saint Martin)
Protection particulière : Protégé au titre du P.L.U et inscrit au patrimoine fluvial et maritime nantais.
 
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La grue subsistant sur le site des Anciens Chantiers Dubigeon de Chantenay est celle du quai d’armement. Se déplaçant sur un chemin de roulement parallèle à la Loire, elle servait à armer les navires, c’est-à-dire, les équiper, après le lancement, de tout ce qui est nécessaire à la navigation. Elle occupe ainsi une place centrale dans l’organisation du site.

Il s’agit d’une grue roulante à flèche mobile, dite grue-marteau. L’atelier des machines-outils, qui débouchait directement sur le quai, a rendu nécessaire la disposition de l’un des rails au sommet de la façade de l’atelier, ce qui donne au portique sa forme asymétrique. Sa capacité est de 5 tonnes à 23 mètres de 13 tonnes à 7,6 mètres, on parle donc de grue de 5-13 tonnes. Le constructeur de la grue est probablement l’entreprise Joseph Paris, une société de constructions mécaniques et métalliques installée à Chantenay.

La grue connaît une histoire assez mouvementée. Au début des années 1940, les Anciens Chantiers Dubigeon ont une capacité de levage maximale de seulement 7 tonnes. Il est décidé en 1941 l’achat d’une nouvelle grue plus puissante, qui entre en service en 1943. Lors de leur départ en 1944, les Allemands sabotent l’appareil à l’explosif, le faisant partiellement basculer en Loire. En urgence, la reconstruction se fait à grand prix (les pièces sont repêchées et réutilisées car il y a pénurie sur les métaux) de 1944 à 1947. En 1948, à la suite d’un accident, la grue tombe à nouveau dans le fleuve. Celle que nous voyons aujourd’hui est donc la troisième grue de 5-13 tonnes (les deux reconstructions se sont faites quasiment à l’identique). Elle a été utilisée jusqu’à l’arrêt de l’activité sur le site en 1969.

    La grue a fait l’objet d’un rachat par la Mairie de Nantes. Elle est aujourd’hui protégée au titre du plan local d’urbanisme (P.L.U) et inscrite au patrimoine fluvial et industriel nantais. Sa restauration est envisagée.

texte et images : Céline Barbin avec la participation de l’association E+PI, juillet 2012.