La Chapelle Saint-Barthélemy

 
 
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Programme d’origine : chapelle XV° fondée sur d’anciens thermes gallo-romains
Adresse : Saint-Julien-de-Concelles
Propriétaire : Commune de Saint-Julien-de-Concelles
Occupant actuel : culte religieux (diocèse du Loroux-Bottereau)
Situation : hors Secteur Sauvegardé
Protection particulière : inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1925
 
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L’orientation de la chapelle ne répond pas à l’implantation traditionnelle selon les points cardinaux, elle s’explique par l’existence d’une construction primitive qui remonterait bien avant les origines du culte catholique. Les fondations d’une maison de bains gallo-romaine ont été mises au jour et bien renseignées par les travaux de Léon Maître au cours du XIXe siècle. Les thermes auraient été transformés en lieu de culte aux alentours du VIIe siècle par un évêque du Mans. Dédié à Saint-Ouyne ou Sainte Eugénie qui avait la vertu de guérir la surdité, le site devint ainsi un centre de culte jusqu’au Moyen-Age. L’existence d’une chapelle dès le VIIe siècle explique probablement le volume principal de la chapelle, les murs épais soutenus par de massifs contreforts et la rareté des ouvertures ; une nouvelle campagne de construction au XVe siècle a édifié la chapelle telle que nous pouvons la voir aujourd’hui, avec sa très belle charpente « à chevrons formant fermes », ses grandes baies verticales à motifs trilobés bien caractéristiques du XVe siècle. Un ensemble sculpté du XVIIe siècle forme retable dans le chœur.

Les murs extérieurs et la couverture ont fait l’objet d’une restauration dans les années 1990, mais la chapelle souffre d’importants problèmes d’humidité, et l’intérieur reste dans un états sanitaire inquiétant.

La chapelle est ouverte quotidiennement mais ne reçoit plus d’offices, elle fait en revanche l’objet d’un pèlerinage annuel fin août début septembre, depuis des siècles. La chapelle est aussi très visitée par les locaux qui y semblent visiblement très attachés.

Le plan est atypique dans son orientation comme dans ses dispositions intérieures. La chapelle est composée de deux vaisseaux sur plan rectangulaire, séparés d’un mur épais percé de grandes arcatures en arc bris, et qui correspondent à l’organisation des salles des thermes.

Au-dessus de l’autel du bas côté, on trouve des fragments de peintures murales, difficiles à lire (cf : photos ci-dessus).

Le sol de la chapelle du XVe siècle se trouvait 30 à 35 centimètres plus bas, d’où ses proportions écrasées. Cette donnée peut aussi expliquer l’important problème d’humidité qui affecte tout l’édifice. Les murs intérieurs sont les plus touchés, ils présentent d’importantes surfaces de moisissures verdâtres et noires notamment en partie basse des murs et sur toute sa périphérie.

La façade Sud-Ouest présente quelque micro-fissures en partie haute des murs, et une à l’extérieur sur la façade Nord-Ouest à la liaison entre le mur de la nef et le mur du chœur. Les murs intérieurs présentent en revanche des fissures plus importantes dont certaines ont été rebouchés grossièrement, il est donc difficile d’en apprécier l’importance. Une fissure inquiétante est à noter au-dessus de l’arc ouvrant sur le chœur au niveau de la clé, elle remonte jusqu’en partie haute du mur, les fissures sont très nombreuses dans l’espace du chœur (voûte et mur du fond).

La chapelle a fait l’objet de travaux depuis la rédaction de cette fiche (en 2010-2011).

Texte et photos : Céline Viaud, mars 2008

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